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Hugo Matha


Entre matières brutes, artisanat et recherche technologique, le créateur Hugo MATHA pense et conçoit chacun de ses sacs comme un élément à part entière, un objet de décoration, une pièce sur-mesure. Entre savoir-faire français et haute couture, ses créations allient à l’exception des matières nobles : bois, pierre, cuir … Pièces uniques ou limitées, c’est dans son showroom du 8ème arrondissement de Paris, à deux pas des Champs-Elysées, que le créateur s’est confié à nous.

Type: luxe, sur mesure
On aime: le mélange des matières

Adresse: rue de Marignan
Horaires d’ouverture: sur rendez-vous


ENTRETIEN AVEC HUGO MATHA


Quels sont les produits phares de votre nouvelle collection ?
Nous avons le sac « Marie Agnès », qui est un sac souple, et le "Aymeline". Les deux sont des augmentations de la pochette, fixée sur le devant du sac.

Votre gamme de prix ?
Entre 700€ et 6000€ avec le modèle "Syra", une pièce entièrement en crocodile. Mais le prix dépend vraiment de la taille.

Vous avez un showroom rue de Marignan en quoi représente-t-il bien votre marque ?
C’était l’idée d’avoir un studio où l’on puisse recevoir dans l’intimité, présenter aux clientes des pochettes faites sur mesure ou montrer des séries limitées comme les joailliers peuvent le faire. Peu à peu, je souhaite que mon showroom devienne un véritable lieu d’exclusivité, avec par exemple l’incrustation de pierres précieuses et semi-précieuses, l’inscription d’initiales sur le modèle acheté, peintes à la main comme cela se fait dans des ateliers de Venise …

Qu’est ce que signifie le mot ‘ARTISANAT’ pour vous ?
C’est le travail des artisans, des séries limitées. L’idée de ma marque c’est de ne pas vendre 3000 modèles de la même pochette. Proposer des produits exclusifs. Travailler avec des artisans c’est avoir des échanges sur les matières, les formes. Rien n’est impossible à créer, seul le temps manque. Parfois des modèles sortent deux ans après si la technique n’est pas encore disponible.

Bois, plexiglas, vos sacs allient au cuir des matériaux inhabituels. Quelle(s) matière(s) préférez-vous travailler ? Et la plus difficile ?
J’aime travailler les matériaux utilisés en architecture et en design. Je voulais faire du sac un objet design, de décoration, que l’on puisse laisser apparent sur une commode. Je voulais vraiment du bois massif, il m’aura fallu un an de travail sur la technique pour obtenir le bon résultat. Le métal qui change à la lumière, plusieurs créations sont en cours. Le plus difficile a été la pierre et le bois, l’assemblage de ces deux matières.

Quelle était votre première création ? Quel regard portez-vous sur elle maintenant ?
La pochette « PIA » en Plexiglas et Alligator blanc, la normale. Il n’y avait aucun collage, elle était trop fine. PIA c’est la personne qui m’a aidé à lancer ma marque. Cette pochette n’était pas si pratique, j’ai du la repenser, voir avec les artisans comment l’améliorer. Pour moi il faut persister dans un produit pour l’améliorer au maximum. Entre la première et la dernière version 2 ans se sont écoulés.

Une anecdote sur vos débuts de designer ?
C’était pour la présentation de ma première collection. Il s’est avéré que le jour du show, la collection n’était pas prête. J’appelle alors mon assistante pour qu’elle se déplace à l’atelier de cet artisan pour me rapporter la collection coûte que coûte. Je devais présenter 35 pièces. Les journalistes arrivent, tout le monde s’installe. Je commence à voir ma vie défilée. Les journalistes commençaient à s’impatienter. Après 2h de retard et une commande qui arrive incomplète, impossible d’annuler le show. Il fallait défiler. Sur 35 pochettes, je n’ai pu en présenter que 6. Heureusement pour moi, les critiques furent très bonnes. Personne ne se douta un instant de ce que j’avais pu vivre. 

Votre marque s’étend à l’Homme. Quelle est la différence entre la maroquinerie pour Monsieur et celle de Madame ?
L’homme et la femme n’ont pas les mêmes notions d’achat. La notion du détail est plus poussée chez l’homme. Présentée en Juin ma première collection Homme sera disponible à l’été 2017. Composée de pierre et de cuir, la collection Homme est active, c’est le transport, le voyage et en même temps quelque chose d’assez brute : porte document, pochettes, avec une devanture en bois. A terme, je recherche à proposer également des modèles dont leur fonction première et leur utilité, des modèles aussi plus unisexes.

Leçon de mode de Hugo Matha, on associe jamais son sac à … ?
A deux sacs (rires).

Cloclo a ses Clodettes, Roustain sa Balmain Army. Si Hugo avait une team de qui serait-elle composée ?
Mes égéries ? Tout simplement mes amies, mes bonnes copines : Marie-Agnès Gillot, Axelle Lafond entre autre. Tout ce que je ne veux pas c’est imposer à quelqu’un de porter mes sacs. Donc toutes les femmes qui ont l’envie de porter du Hugo Matha peuvent être mes Clodettes ou mes Huguettes ;) 

On parle de processus de création. Quel est le vôtre ?
Je fais d’abord du sourcing. Il y a des objets qui me fascinent et je veux les décliner en sac. Après sur la gamme classique, l’évolution ou la création vient de l’envie d’améliorer, toujours. Donc mon processus de création passe avant tout par de la recherche technique et technologique.

Le luxe n’est pas … ?
Le luxe est toujours une source d’inspiration. C’est une joie de vivre. Durant les années 90 le luxe était pessimiste trop gouverné par le marketing. Mais depuis quelques années le luxe revient à ses origines avec la création du désir. Les gens ont envie d’avoir des choses uniques et confidentielles.

On dit que les gens créatifs sont superstitieux. Hugo Matha l’est-il ? Si oui, en quoi croyez-vous ?
Pas trop, si dans le « positivisme ». J’essaie toujours d’être positif pour ne pas attirer la négativité. Ca débloque tellement de chose. Même dans la création ça facilite.

Quel est le comble pour un Maroquinier ?
Être végan …

Ton restaurant et ton bar préférés?
Le bar « La coquille », rue Coquillière! On peut mettre sa musique si l’on est ami avec le patron, c’est très hétéroclite. De 25 à 70 ans. C’est toujours des bonnes rencontres et ils servent un super vin du domaine Matha ;)  Pour le restaurant, j’adore « Caviar Kaspia » place de la madeleine. Il y a une bonne ambiance et c’est convivial.


    

 

©Christophe Roué

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